
L’IA, le nouvel ami du photographe ?
Pour commencer, un peu d’histoire. Les premiers balbutiements ont lieu entre 1950 et 1980 : les premières utilisations sont principalement militaires et scientifiques, avec des algorithmes capables de reconnaître des formes simples. Entre 1990 et 2000, l’IA est surtout destinée à la sécurité : reconnaissance d’empreintes, caméras de surveillance, systèmes de contrôle.
Dans les années 2010, un premier bond est fait dans la compréhension de ce qu’est une image : colorisation automatique, classification d’images, reconnaissance faciale. En 2020, l’IA devient capable de créer des images à partir d’un texte, appelé « prompt ». En l’espace de quelques années, l’IA met des images sur nos idées.
Certes, au début on voyait encore des mains à six doigts, des détourages visibles, des collages mal harmonisés. Mais chaque année apporte son lot de nouveautés, enrichissant ces outils pour rendre les images toujours plus réalistes. Les créations s’adaptent de plus en plus à leur utilisateur et répondent toujours mieux aux attentes du public. D’ailleurs, le mot est lâché : consommateur.
Nous étions déjà devenus consommateurs d’images via les réseaux sociaux, mais aujourd’hui je peux nourrir mes flux avec mes propres fantasmes. Je peux me voir au Japon tout en restant dans mon canapé, faire un selfie avec une licorne… Bref, mon imaginaire n’a plus de limites. Et pendant ce temps, je consomme des forfaits qui alimentent de grandes entreprises ayant investi dans d’immenses data centers. À l’heure où l’on parle d’écologie avec nos voitures, nous avons surtout déplacé notre pollution.

En tant que passionné d’image, l’IA pique ma curiosité.
D’ailleurs, cette curiosité m’a poussé à créer les images de ce post grâce à l’IA. C’est bluffant : avec quelques mots, elle parvient à produire une création. Si le résultat n’est pas bon, c’est souvent que nous nous sommes mal exprimés ou pas assez précisément. Finalement, entre l’humain et l’IA, une forme de compréhension s’installe. Les deux apprennent de leurs erreurs.
Pour l’instant, cette IA arrive partout sans que l’on soit réellement éduqués à ses dangers et à ses limites. On la trouve dans la communication, le marketing, les médias… Les communicants l’ont rapidement adoptée pour sa rapidité et son faible coût.
Mais une question demeure : à qui appartient l’image ? Finalement, il ne s’agit que d’un prompt, duplicable à l’infini. Qui n’a jamais eu, sur une photo de vacances, une poubelle ou un panneau disgracieux ? En deux clics, cela disparaît. C’est de la magie. J’avoue, je suis fan. Un peu moins des changements de ciel, mais qu’importe : quelques coups de pinceau suffisent parfois à redonner de l’énergie à une image et à mettre en valeur un détail.
Le futur, c’est quoi ?
Des créations toujours plus réalistes, générées instantanément. Des avatars dans des mondes virtuels. Cela ne vous rappelle pas certains films ?
De toute façon, l’IA fera ce qu’on lui demande, et c’est censé nous rassurer. Pourtant, soyons vigilants. Ne nous laissons pas endormir par la facilité. Gardons notre esprit critique comme référence. L’émotion que nous mettons dans une photo, au moment où l’on appuie sur le déclencheur, reste unique. Et cela ne passera que par l’éducation, l’apprentissage du regard, du beau, et de l’histoire de l’image.
Et vous, vous en pensez quoi ?
